{"id":396,"date":"2018-06-29T09:35:00","date_gmt":"2018-06-29T07:35:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paulmayer.fr\/?page_id=396"},"modified":"2020-05-15T09:34:39","modified_gmt":"2020-05-15T07:34:39","slug":"biographie","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.paulmayer.fr\/index.php\/biographie\/","title":{"rendered":"biographie"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"396\" class=\"elementor elementor-396 elementor-bc-flex-widget\" data-elementor-settings=\"[]\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-inner\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-section-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-5b955a5 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"5b955a5\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-37761ef\" data-id=\"37761ef\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-40deea6 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"40deea6\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><p>Paul Mayer, Forbach, le 5 f\u00e9vrier 1922 &#8211; Amiens, le 30 juin 1998<br \/>po\u00e8te, peintre, plasticien<br \/>universitaire germaniste, traducteur<\/p><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-58c1550 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"58c1550\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-673f9a0\" data-id=\"673f9a0\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-99386b7 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"99386b7\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"titre\">Les ann\u00e9es de formation<\/div>\n<div id=\"texte-courant\">\nPaul Mayer na\u00eet \u00e0 Forbach en Moselle le 5 f\u00e9vrier 1922, d&rsquo; un p\u00e8re p\u00e2tissier Louis Mayer, peu pr\u00e9sent, et d&rsquo;une m\u00e8re au foyer, Marguerite Lentz, une femme au temp\u00e9rament effac\u00e9. Il est l&rsquo;a\u00een\u00e9 d&rsquo;une famille de trois gar\u00e7ons : outre Paul, Roger et Andr\u00e9, ses fr\u00e8res, sont n\u00e9s respectivement en 1925 et en 1928. Le milieu familial, peu cultiv\u00e9, ne pr\u00e9destinait sans doute pas le petit Paul aux longues \u00e9tudes. Cependant, l&rsquo;enfant est curieux et manifestement \u00e9veill\u00e9. Est-ce pour cette raison qu&rsquo;il est remarqu\u00e9 d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 10-12 ans par son oncle Jules Herrbach, professeur d&rsquo;allemand \u00e9rudit qui avait quitt\u00e9 sa Lorraine natale quelques ann\u00e9es auparavant, pour s&rsquo;installer dans la r\u00e9gion parisienne avec son \u00e9pouse Am\u00e9lie Mayer, la s\u0153ur de Louis ? Toujours est-il que l&rsquo;oncle Jules et la tante Am\u00e9lie h\u00e9bergent Paul dans leur maison de La Varenne Saint-Hilaire, pr\u00e8s de Saint-Maur-des-Foss\u00e9s, o\u00f9 le jeune gar\u00e7on, immerg\u00e9 dans une atmosph\u00e8re lettr\u00e9e propice \u00e0 son d\u00e9veloppement intellectuel, suit une scolarit\u00e9 accomplie au lyc\u00e9e Marcelin Berthelot, \u00e9tablissement o\u00f9 l&rsquo;oncle Jules enseigne et, au sein duquel Paul \u00e9tudie le latin et le grec, entre autres mati\u00e8res. L&rsquo;adolescent re\u00e7oit l\u00e0, et avec la d\u00e9couverte du Paris moderne sans doute, le bagage fondamental de sa culture comme son amour des textes, au point qu&rsquo;il restera toujours un grand amateur de litt\u00e9rature antique, de cette po\u00e9sie des Anciens qui ne cessera, plus tard, au contact stimulant des avant-gardes, d&rsquo;alimenter les motifs et les images de sa propre po\u00e9sie.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-8530eed elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"8530eed\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-51496b9\" data-id=\"51496b9\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-50f2db3 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"50f2db3\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"titre\">La guerre<\/div><div id=\"sous-titre\">les ann\u00e9es de clandestinit\u00e9 : juin 1940 &#8211; ao\u00fbt 1943<\/div><div id=\"texte-courant\">Paul vit toujours chez son oncle \u00e0 La Varenne Saint-Hilaire lorsque la guerre \u00e9clate. En pleine d\u00e9b\u00e2cle, en juin 1940, il part en v\u00e9lo \u00e0 Marseille avec son cousin Ren\u00e9 Herrbach, se r\u00e9fugier chez une tante. La France vaincue, Paul revient finalement \u00e0 Forbach chez ses parents, au mois de novembre. De son propre aveu, ce fut l\u00e0 une erreur lourde de cons\u00e9quences : il eut \u00e9t\u00e9 plus facile pour lui de se cacher chez son oncle en r\u00e9gion parisienne, que de devoir sans cesse fuir pour \u00e9viter l&rsquo;incorporation pr\u00e9visible dans l&rsquo;arm\u00e9e allemande, l&rsquo;Alsace et la Moselle \u00e9tant de facto annex\u00e9es par l&rsquo;Allemagne nazie.<br \/>D\u00e8s lors, commence pour lui une longue p\u00e9riode de clandestinit\u00e9. Au printemps 1941, il occupe d&rsquo;abord un poste d&rsquo;instituteur \u00e0 Leyviller en Moselle, qu&rsquo;il abandonne l&rsquo;\u00e9t\u00e9 de la m\u00eame ann\u00e9e pour s&rsquo;inscrire aussit\u00f4t \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Heildelberg. Paul \u00e9tant bilingue naturel, il pouvait ais\u00e9ment se faire passer pour un \u00e9tudiant allemand et \u00e9chapper ainsi au r\u00e9gime d&rsquo;annexion de la Moselle, plus dur et surtout plus risqu\u00e9 pour lui. L\u00e0, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9, il pouvait se fondre dans la masse et se faire oublier. Il y passe l&rsquo;automne 1941 et l&rsquo;hiver 1941-1942 avant d&rsquo;effectuer au printemps son Service du Travail de l&rsquo;\u00c9tat (le RAD : Reichsarbeitsdienst, pr\u00e9paratoire \u00e0 l&rsquo;incorporation dans l&rsquo;arm\u00e9e pour tout jeune Allemand de l&rsquo;\u00e9poque), sans \u00e9veiller les soup\u00e7ons, \u00e0 Quierschied dans la Sarre, puis de revenir \u00e0 Heildelberg.<br \/>Mais le 25 ao\u00fbt 1942, le service militaire allemand devient obligatoire pour les Alsaciens et les Mosellans. Paul est d\u00e8s lors mobilisable (il appartient \u00e0 la classe 22), mais il ne se pr\u00e9sente toujours pas. Il temporise autant que faire se peut \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 durant presque toute l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1942-1943, alors que la guerre bascule \u00e0 Stalingrad en hiver. Il ne peut plus cependant se cacher lorsqu&rsquo;il est convoqu\u00e9 au conseil de r\u00e9vision \u00e0 Heildelberg en mai 1943. Il d\u00e9cide alors de fuir l&rsquo;Allemagne avant que le pi\u00e8ge ne se referme. En juin, il tente de gagner Mulhouse en train avec son fr\u00e8re Roger afin de passer clandestinement en Suisse, avec l&rsquo;aide d&rsquo;un cousin de Jules Herrbach qui connaissait bien la fronti\u00e8re et organisait des exfiltrations. Il est alors convenu que Paul et Roger sauteraient du train \u00e0 l&rsquo;endroit pr\u00e9cis o\u00f9 le convoi devait ralentir tr\u00e8s t\u00f4t le matin, sachant qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable qu&rsquo;il fasse encore nuit pour la r\u00e9ussite de l&rsquo;\u00e9vasion. Malheureusement, en ce mois de juin vers le solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9, il fait d\u00e9j\u00e0 jour au lieu convenu et, la fuite devenant alors trop risqu\u00e9e (la fronti\u00e8re est \u00e9troitement surveill\u00e9e), les deux fr\u00e8res renoncent.<br \/>Paul et Roger ne peuvent plus d\u00e9sormais ni diff\u00e9rer ni fuir. Ils risqueraient d&rsquo;\u00eatre fusill\u00e9s en tant que d\u00e9serteurs et exposer leur famille \u00e0 des repr\u00e9sailles (les familles des incorpor\u00e9s Alsaciens-Lorrains sont virtuellement consid\u00e9r\u00e9es comme otages par les Allemands, susceptibles, en application de la loi de la Sippenhaft, la responsabilit\u00e9 du clan ou de de la parent\u00e9, d&rsquo;\u00eatre envoy\u00e9es aux travaux forc\u00e9s en cas de d\u00e9sertion d&rsquo;un des leurs). C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils sont enr\u00f4l\u00e9s de force dans la Wehrmacht fin ao\u00fbt 1943. Ils rejoignent alors l&rsquo;arm\u00e9e des 130 000 \u00abmalgr\u00e9 nous\u00bb Alsaciens et Mosellans, dont 40 000 ne reviendront pas.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-bad1c8b elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"bad1c8b\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-ef920f5\" data-id=\"ef920f5\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f8c2f32 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"f8c2f32\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"sous-titre\"><strong>Les tribulations d&rsquo;un \u201cmalgr\u00e9 nous\u201d:<\/strong><br \/><strong><strong>ao\u00fbt 1943 &#8211; mars 1945<\/strong><\/strong><\/div><div id=\"texte-courant\">Paul est envoy\u00e9 \u00e0 la caserne de Deutsch Eylau en Prusse-Orientale, puis en instruction de septembre \u00e0 novembre 1943, tout pr\u00e8s de l\u00e0 \u00e0 L\u00f6bau (Libawa), sur l&rsquo;ancienne fronti\u00e8re germano-polonaise. Affect\u00e9 \u00e0 la navigation o\u00f9 sa sp\u00e9cialit\u00e9 \u00e9tait la mise au point et le report sur les cartes, il est envoy\u00e9 de d\u00e9cembre 1943 \u00e0 avril 1944 \u00e0 la Navigationsschule de Libau (Liepaja) en Lettonie, formation qu&rsquo;il ne termine pas \u00e0 cause de l&rsquo;avanc\u00e9e de plus en plus pressante de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge. Paul est alors affect\u00e9 sur un navire garde-c\u00f4te \u00e0 l&rsquo;\u00eele de R\u00fcgen.<br \/>Le 6 juin 1944, le jour du d\u00e9barquement de Normandie, toute la Kriegsmarine est d\u00e9plac\u00e9e vers l&rsquo;ouest. Le bateau de Paul stationne d\u00e9sormais \u00e0 Kiel. De l\u00e0, Paul est une nouvelle fois d\u00e9plac\u00e9, cette fois-ci au Danemark, o\u00f9 il fait la connaissance d&rsquo;une prostitu\u00e9e qui l&rsquo;h\u00e9berge. Pensait-il rester l\u00e0 et pouvoir se cacher ?<br \/>Toujours est-il qu&rsquo;il sert d\u00e9sormais sur un navire \u00absp\u00e9cial\u00bb de recherches secr\u00e8tes, un navire espion de t\u00e9l\u00e9communications en fait. Mais en tant que Fran\u00e7ais (les Allemands se m\u00e9fiaient beaucoup des \u00abmalgr\u00e9 nous\u00bb), il est reconnu comme ind\u00e9sirable et envoy\u00e9 aussit\u00f4t \u00e0 Gotenhafen (Gdynia) sur le cuirass\u00e9 Schleswig-Holstein, qui sera coul\u00e9 \u00e0 quai en d\u00e9cembre 1944, dans le bombardement du port de Gdynia.<br \/>Dans le m\u00eame temps, son fr\u00e8re Roger, apr\u00e8s une p\u00e9riode d&rsquo;instruction tr\u00e8s dure en Norv\u00e8ge, est bless\u00e9 au genou en juillet 1944 sur le front russe. Hospitalis\u00e9 \u00e0 Berlin, ce n&rsquo;est qu&rsquo;en suppliant le chirurgien charg\u00e9 de l&rsquo;op\u00e9rer qu&rsquo;il doit de ne pas \u00eatre amput\u00e9. Paul et Roger entretiennent durant ces quelques mois une correspondance fournie, \u00e0 travers laquelle l&rsquo;a\u00een\u00e9 prodigue des conseils de lecture, initiant son fr\u00e8re cadet \u00e0 la po\u00e9sie.<br \/>Durant l&rsquo;hiver 1944-1945, Paul est envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole de reconnaissance d&rsquo;avions \u00e0 bord du Cap Arcona ; mais l&rsquo;Arm\u00e9e rouge enfon\u00e7ant les d\u00e9fenses allemandes sur le front de la Prusse-Orientale, des r\u00e9giments improvis\u00e9s sont constitu\u00e9s en toute h\u00e2te, dont le r\u00e9giment h\u00e9t\u00e9roclite de Paul, essentiellement constitu\u00e9 de matelots, qui est envoy\u00e9 au combat. L\u00e0, Paul et ses compagnons subissent, comme les autres soldats en pareilles circonstances, le froid, la faim, la peur, l&rsquo;omnipr\u00e9sence de la souffrance et de la mort.<\/div><div id=\"anecdote\">Dans un tel contexte, on imagine ais\u00e9ment quelle fut la joie de Paul et de quelques uns de ses compagnons affam\u00e9s, lorsqu&rsquo;ils trouv\u00e8rent un jour un poulet et qu&rsquo;il entreprirent de le faire r\u00f4tir dans une maison abandonn\u00e9e aux alentours du front. Mais un tankiste russe aper\u00e7ut la fum\u00e9e de leur feu qui s&rsquo;\u00e9chappait du toit \u00e9ventr\u00e9 de la maison, facile \u00e0 rep\u00e9rer dans ce no man&rsquo;s land du champ de bataille. Il tira alors un obus qui vint passer par le toit, tomber sur le sol, et qui se mit \u00e0 tournoyer sous la table o\u00f9 s&rsquo;\u00e9taient pos\u00e9s les soldats allemands. L&rsquo;obus s&rsquo;immobilisa \u2026 et il n&rsquo;explosa pas.<\/div><div id=\"texte-courant\">Dans les premiers jours de f\u00e9vrier 1945, Paul voit des milliers de cadavres d&rsquo;hommes, de femmes et d&rsquo;enfants qu&rsquo;on ramasse sur les c\u00f4tes de la Baltique pour les entasser sur des charrettes ; ce sont les victimes du paquebot allemand Wilhelm Gustloff, bond\u00e9 de r\u00e9fugi\u00e9s de Prusse-Orientale et de soldats, torpill\u00e9 par un sous-marin sovi\u00e9tique le 30 janvier 1945, et dont le naufrage rapide provoqua la mort de 5300 \u00e0 9300 passagers, selon les diff\u00e9rentes estimations.<br \/>Dans un tel chaos, Paul n&rsquo;eut de cesse de trouver un moyen de quitter l&rsquo;arm\u00e9e allemande, de s&rsquo;\u00e9chapper; mais il lui \u00e9tait impossible de d\u00e9serter sans exposer sa famille \u00e0 des repr\u00e9sailles. L&rsquo;unique solution \u00e9tait alors de se faire capturer par les Sovi\u00e9tiques. Paul avait pes\u00e9 les risques, il savait qu&rsquo;il pouvait \u00eatre abattu aussi bien par les Russes que par les Allemands (avait-il accept\u00e9 l&rsquo;\u00e9ventualit\u00e9 de mourir ?). En tout cas, il \u00e9tait r\u00e9solu \u00e0 agir.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-4501f57 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"4501f57\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-image\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"180\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tr04-1024x351.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tr04-1024x351.jpg 1024w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tr04-300x103.jpg 300w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tr04-768x263.jpg 768w\" sizes=\"auto, 100vw\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-9473ca5 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"9473ca5\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-626bbb6\" data-id=\"626bbb6\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-23eb6eb elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"23eb6eb\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"sous-titre\">le survivant : mars &#8211; novembre 1945<\/div><div id=\"texte-courant\">L&rsquo;occasion se pr\u00e9sente enfin le 18 mars 1945 dans la poche de Dantzig (Gdansk) : en premi\u00e8re ligne sur le front, il re\u00e7oit l&rsquo;ordre avec les autres soldats de creuser des trous pour s&rsquo;y cacher et constituer une syst\u00e8me pr\u00e9caire de d\u00e9fense. Durant la nuit, Paul entend les combats se rapprocher lentement, et bient\u00f4t il discerne les voix des soldats russes. Au terme de longues heures d&rsquo;attente, il voit deux officiers sovi\u00e9tiques s&rsquo;approcher de son trou. Paul jette son arme, surgit alors les mains en l&rsquo;air en lan\u00e7ant \u00abfrantsuzsky !\u00bb et quelques mots de russe, sans \u00eatre apparemment compris ; heureusement, les officiers le capturent et ne l&rsquo;abattent pas. Paul raconte : \u00abj&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pris, ou plus exactement je suis pass\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 sovi\u00e9tique (tout seul, la nuit) le 18 mars, dans la poche autour de Dantzig-Gotenhafen (Gdynia). Apr\u00e8s plusieurs jours de marche, o\u00f9 on avait l&rsquo;impression qu&rsquo;on tournait en rond et apr\u00e8s nous \u00eatre arr\u00eat\u00e9s je ne sais plus dans quel camp de passage, nous avons abouti \u00e0 Deutsch Eylau, o\u00f9 nous sommes rest\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 notre d\u00e9part &#8211; en train &#8211; pour Nijni Tagil (Nijni Taghil)\u00bb. (Lettre \u00e0 Roger Hild du 4 avril 1997)<br \/>Cette marche, dans des lieux que Paul connaissait d\u00e9j\u00e0 en partie, ne fut pas seulement longue, elle fut p\u00e9nible et dangereuse (et on per\u00e7oit bien l\u00e0, dans son \u00e9criture presque minimaliste, la pudeur de Paul qui ne parlait jamais de ses souffrances ; il est vrai aussi que ce qu&rsquo;il a pu vivre dans l&rsquo;ann\u00e9e 1945 est parfois \u00e0 peine dicible). En qualit\u00e9 de matelot, Paul \u00e9tait chauss\u00e9 de bottes hautes et confortables qui lui furent vol\u00e9es avec sa montre, et il fit alors la route dans le froid avec des chaussures trop petites. Lui et ses compagnons en furent r\u00e9duits \u00e0 manger de l&rsquo;herbe et quelques rares betteraves crues souill\u00e9es de terre. Ailleurs, en traversant un village, il fut bless\u00e9 d&rsquo;un coup de ba\u00efonnette au visage par un russe qui le prit \u00e0 partie, et il ne dut la vie sauve qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;intervention d&rsquo;un officier qui encadrait la colonne de prisonniers. Paul, qui protestait d&rsquo;\u00eatre fran\u00e7ais et incorpor\u00e9 malgr\u00e9 lui dans l&rsquo;arm\u00e9e allemande, fut pr\u00e9sent\u00e9 ensuite \u00e0 un haut grad\u00e9 de l&rsquo;Arm\u00e9e rouge, qu&rsquo;il identifia comme \u00e9tant le mar\u00e9chal Rokossovski, commandant de l&rsquo;arm\u00e9e de Bi\u00e9lorussie. Mais cela ne changea rien \u00e0 ses conditions d\u00e9sastreuses de transfert et de captivit\u00e9. Une seule chose le faisait encore avancer, la po\u00e9sie. Paul pr\u00e9cise: \u00ab apr\u00e8s le 18.3.45 (captivit\u00e9 devant Gdynia) marche \u00e0 pied pendant plusieurs jours, passage \u00e0 Bulow o\u00f9 nous avons pass\u00e9 la nuit dans une maison abandonn\u00e9e, moi dans le bureau de la maison, o\u00f9 se trouvait une biblioth\u00e8que. J&rsquo;y ai pris \u00abDichtung und Wahrheit\u00bb de Goethe et \u00abKlein Zaches\u00bb de Hoffmann, que j&rsquo;ai gard\u00e9s et lus dans le train (de marchandises) qui nous a ensuite transport\u00e9s de Deutsch Eylau (camp de prisonniers) dans l&rsquo;Oural (\u00e0 Nijni Tagil) en avril 45, par Nijni-Novgorod, Perm, Sverdlovsk (Iekaterinenburg)\u00bb. (note \u00e0 Roger Hild, 1996)<\/div><div><div id=\"anecdote\">Dans le train de marchandises qu&rsquo;\u00e9voque Paul, les conditions de transport &#8211; il serait plus exact de parler d&rsquo;un supplice de l&rsquo;errance ferroviaire &#8211; sont extr\u00eamement dures : entassement, absence d&rsquo;hygi\u00e8ne, faim, soif et froid. C&rsquo;est dans ces conditions que Paul lit les deux livres qu&rsquo;il avait trouv\u00e9s \u00e0 Bulow, en essayant sans doute de s&rsquo;approcher d&rsquo;une source de lumi\u00e8re, qu&rsquo;on imagine tr\u00e8s t\u00e9nue entre deux planches dans un tel wagon. De temps en temps, la porte s&rsquo;ouvrait et les Russes d\u00e9versaient du mauvais pain \u00e0 m\u00eame le plancher pour seule et insuffisante nourriture. Afin d&rsquo;\u00e9viter que les prisonniers n&rsquo;en viennent aux mains, Paul organisait la distribution en dessinant \u00e0 la craie une grille sur le plancher, sur laquelle il r\u00e9partissait le plus \u00e9quitablement possible les morceaux de pains en fonction du nombre d&rsquo;hommes et des besoins de chacun. Leur parlait-il aussi de po\u00e9sie, des textes de Goethe et d&rsquo;Hoffmann qu&rsquo;il avait avec lui ? Une chose est s\u00fbre : gr\u00e2ce \u00e0 ce travail m\u00e9thodique d&rsquo;intendant ou de panetier, Paul contribua \u00e0 rendre l&rsquo;\u00e9preuve de ses compagnons moins p\u00e9nible, et plus encore, il leur \u00e9pargna, sans doute, d&rsquo;\u00eatre davantage animalis\u00e9s.<br \/><br \/><\/div><div id=\"texte-courant\">Paul est prisonnier \u00e0 Nijni Taghil d&rsquo;avril \u00e0 d\u00e9but octobre 1945 dans un baraquement r\u00e9serv\u00e9 aux Fran\u00e7ais. Les conditions de d\u00e9tentions y sont tr\u00e8s dures, du fait du r\u00e9gime de travaux forc\u00e9s (les prisonniers construisent des routes, des stades, des infrastructures), aggrav\u00e9 par une alimentation insuffisante et carenc\u00e9e, \u00e0 savoir une soupe de millet tr\u00e8s claire distribu\u00e9e la nuit pour ne pas empi\u00e9ter sur le temps diurne de travail. En octobre 1945, apr\u00e8s six mois de camp de travail, Paul est enfin rapatri\u00e9 avec les autres \u00abmalgr\u00e9 nous\u00bb captur\u00e9s par les Sovi\u00e9tiques. Ils voyagent en train de Varsovie \u00e0 Berlin, de l\u00e0 ils passent en camion dans un camp militaire de la zone britannique, pour arriver enfin \u00e0 Strasbourg, au bout d&rsquo;un mois d&rsquo;errance, en novembre 1945. Paul rentre en Lorraine \u00e0 la fin de la m\u00eame ann\u00e9e. Gravement affaibli, s\u00e9v\u00e8rement d\u00e9nutri au point que sa m\u00e8re ne le reconna\u00eet pas lorsqu&rsquo;il se pr\u00e9sente \u00e0 elle &#8211; il ne p\u00e8se alors plus que 35 kilos &#8211; Paul est un survivant qui doit de ne pas \u00eatre mort gr\u00e2ce \u00e0 un courage physique et \u00e0 une capacit\u00e9 de r\u00e9silience exceptionnels, \u00e0 une rage de survivre sans doute affermie par une d\u00e9votion salvatrice \u00e0 la po\u00e9sie.<br \/>Le temps de reprendre quelques forces (sa m\u00e8re le nourrit trop et trop vite et il tombe malade !), et m\u00fb par une volont\u00e9 farouche de d\u00e9passer les traumatismes subis par l&rsquo;app\u00e9tit de connaissance et l&rsquo;amour de la litt\u00e9rature, il entreprend une Licence d&rsquo;allemand, de lettres classiques et de philologie \u00e0 la facult\u00e9 de Nancy, de septembre 1946 \u00e0 juin 1947.<\/div><\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-b75360c elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"b75360c\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-9a2bbc3\" data-id=\"9a2bbc3\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-ffbaa0b elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"ffbaa0b\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"titre\">Le Paris d&rsquo;apr\u00e8s-guerre<\/div><div id=\"texte-courant\">Anim\u00e9 d&rsquo;un d\u00e9sir constant de retrouver ce Paris qu&rsquo;il avait connu dans son adolescence et de rencontrer d\u00e9sormais les avant-gardes de son \u00e9poque, Paul arrive dans la capitale \u00e0 l&rsquo;automne 1947, o\u00f9 il vit modestement rue Monsieur Le Prince dans le 6e arrondissement, gr\u00e2ce \u00e0 une bourse mensuelle de 100 francs. L\u00e0, tout en suivant des \u00e9tudes \u00e0 la Sorbonne, il commence \u00e0 \u00e9crire de la po\u00e9sie. Il fr\u00e9quente alors les cercles litt\u00e9raires et artistiques proches du Surr\u00e9alisme et du Lettrisme. Il rencontre ainsi Isidore Isou d\u00e8s cette ann\u00e9e 1947.<\/div><div id=\"sous-titre\">l&rsquo;entr\u00e9e en po\u00e9sie, L&rsquo;OHM 948<\/div><div id=\"texte-courant\">La rencontre d\u00e9terminante se fait avec le po\u00e8te Max Clarac-S\u00e9rou, alors \u00e2g\u00e9 de 18 ans (Paul en a 25) qui, reprenant la galerie Nina Dausset fond\u00e9e en 1946, ouvre en 1955 la galerie du Dragon qui sera un des derniers foyers du Surr\u00e9alisme d&rsquo;apr\u00e8s guerre. Max Clarac-S\u00e9rou fait alors vivre un lieu d&rsquo;exp\u00e9rimentation litt\u00e9raire et de production \u00e9ditoriale, un lieu de rencontres entre les po\u00e8tes et les artistes. C&rsquo;est lui qui publie en 1948 le premier recueil de Paul, \u00abL&rsquo;OHM 948\u00bb, tir\u00e9 \u00e0 90 exemplaires, un recueil \u00e9crit \u00e0 deux mains en fait, car Max ins\u00e8re ses po\u00e8mes sans les signer, pas plus que Paul, et illustre l&rsquo;ensemble de linogravures.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-8a0b472 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"8a0b472\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-4bd2058\" data-id=\"4bd2058\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-cad3d51 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"cad3d51\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-image\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"350\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_16-1024x682.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_16-1024x682.jpg 1024w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_16-300x200.jpg 300w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_16-768x511.jpg 768w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_16.jpg 1202w\" sizes=\"auto, 100vw\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-1010c81 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"1010c81\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-8aa890c\" data-id=\"8aa890c\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-8a62d78 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"8a62d78\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"sous-titre\">la rencontre de l&rsquo;avant-garde<\/div><div id=\"texte-courant\">D\u00e8s lors, en 1948 et 1949, Paul int\u00e8gre l&rsquo;avant-garde litt\u00e9raire et artistique parisienne. C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque qu&rsquo;il lie des amiti\u00e9s durables avec le po\u00e8te martiniquais \u00c9douard Glissant, avec les po\u00e8tes et les \u00e9crivains Yves Bonnefoy, Maurice Roche, Henri Pichette, Jean-Roger Carroy, Jean Laude, Roger Giroux, Jacques Charpier, Jean Paris, Jean-Clarence Lambert et Kateb Yacine. C&rsquo;est aussi par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Max Clarac-S\u00e9rou qu&rsquo;il rencontre le peintre math\u00e9maticien Iaroslav Serpan, les peintres graveurs Christine Boumeester et Henri Goetz.<br \/>En 1985, dans la postface du recueil \u00abCendre, M\u00e9moire du Feu\u00bb, Paul t\u00e9moigne sur cette vie intellectuelle d&rsquo;apr\u00e8s-guerre : \u00abEn compagnie de quelques amis, nagu\u00e8re, autour de la Galerie du Dragon &#8211; avec Max Clarac-S\u00e9rou, aux Lettres Nouvelles (Maurice Nadeau, Genevi\u00e8ve Serreau), ailleurs, apr\u00e8s le lettrisme et les surr\u00e9alistes divers (Andr\u00e9 Breton \u00e9tait encore parmi nous dans ces ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, comme le Messie apr\u00e8s sa r\u00e9surrection, et dissident de lui-m\u00eame par fid\u00e9lit\u00e9) &#8211; la Po\u00e9sie, \u00e9crite ou autre, nous la voulions (je crois) lieu de conscience dans l&rsquo;aujourd&rsquo;hui en un ordre imminent o\u00f9 f\u00fbt la justice&#8230;\u00bb<br \/>En 1949, cette p\u00e9riode parisienne se referme (bien qu&rsquo;il revienne r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Paris et qu&rsquo;il fr\u00e9quente toujours assid\u00fbment le milieu de la Galerie du Dragon) lorsqu&rsquo;il obtient le concours de l&rsquo;Agr\u00e9gation d&rsquo;allemand, alors qu&rsquo;il fait la connaissance du peintre Albert Bitran, tenant, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, de l&rsquo;abstraction g\u00e9om\u00e9trique.<\/div><div id=\"sous-titre\">autres rencontres et p\u00e9r\u00e9grinations<\/div><div id=\"texte-courant\">Il part enseigner la langue allemande \u00e0 Auch (1949-1950), puis \u00e0 Tourcoing (1950-1953) o\u00f9 il fr\u00e9quente Jean-Paul Aron, un de ses coll\u00e8gues et, par ce dernier, le peintre Constantin Byzantios ; c&rsquo;est aussi dans le Nord, en 1951, qu&rsquo;il fait la connaissance d&rsquo;une jeune enseignante d&rsquo;anglais, Josette Lebrun, qu&rsquo;il \u00e9pouse en 1953. Il exerce ensuite \u00e0 Chartres (1953-1958) o\u00f9, gr\u00e2ce \u00e0 Christine Boumeester et Henri Goetz, il croise la route d&rsquo;Hans Hartung, et rencontre Jean-Paul Riopelle \u00e0 Paris.<\/div><div id=\"sous-titre\">La Roue des Corps<\/div><div id=\"texte-courant\">En 1954, Max Clarac-S\u00e9rou publie un nouveau recueil de Paul \u00abLa Roue des Corps\u00bb, grav\u00e9 par Christine Boumeester. C&rsquo;est aussi \u00e0 la galerie du Dragon que, durant les ann\u00e9es 1950 et 1960, Paul c\u00f4toie Roberto Matta, Wifredo Lam, Pierre Alechinsky, Vladimir Velickovic.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-3390752 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"3390752\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-11ee19b\" data-id=\"11ee19b\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-70dce63 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"70dce63\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"titre\">Amiens, l&rsquo;action po\u00e9tique\/ l&rsquo;action politique<\/div><div id=\"texte-courant\">Il arrive \u00e0 Amiens en 1958, o\u00f9 il est nomm\u00e9 avec Josette, son \u00e9pouse, au Lyc\u00e9e Louis Thuillier. Son enseignement \u00e9tant appr\u00e9ci\u00e9, on lui confie, entre autres, une classe d&rsquo;Hypokh\u00e2gne. En 1969, il est appel\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Picardie o\u00f9 il est nomm\u00e9 Assistant en Langue, Culture et Civilisation Germaniques. Il fait, d\u00e8s lors, toute sa carri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 jusque sa retraite en 1988.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-bb1ea76 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"bb1ea76\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-64ec32c\" data-id=\"64ec32c\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3c6db76 elementor-widget elementor-widget-wp-widget-media_video\" data-id=\"3c6db76\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"wp-widget-media_video.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t<div style=\"width:100%;\" class=\"wp-video\"><video class=\"wp-video-shortcode\" id=\"video-396-1\" preload=\"metadata\" controls=\"controls\"><source type=\"video\/mp4\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Extrait-cine-cite\u0301-PMayer.mp4?_=1\" \/><source type=\"video\/mp4\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Extrait-cine-cite\u0301-PMayer.mp4?_=1\" \/><a href=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Extrait-cine-cite\u0301-PMayer.mp4\">http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/Extrait-cine-cite\u0301-PMayer.mp4<\/a><\/video><\/div>\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-4d5ff23 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"4d5ff23\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-92c958f\" data-id=\"92c958f\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-60d7771 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"60d7771\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div class=\"leg\">Extrait d&rsquo;un film documentaire de Jean D\u00e9pret et de ses \u00e9l\u00e8ves du club Cin\u00e9 Cit\u00e9, tourn\u00e9 en cam\u00e9ra Super 8 en 1963 sur la Cit\u00e9 Scolaire d&rsquo;Amiens, dans lequel Paul Mayer appara\u00eet, film\u00e9 dans sa classe d&rsquo;allemand. Dur\u00e9e 3 mn.\nJean D\u00e9pret \u00e9tait professeur d&rsquo;arts plastiques au Lyc\u00e9e Louis Thuillier d&rsquo;Amiens, un des \u00e9tablissements de la Cit\u00e9 scolaire, lyc\u00e9e dans lequel enseign\u00e8rent Paul et Josette Mayer, respectivement en langue allemande et anglaise. F\u00e9ru de photographie et de vid\u00e9o amateur, Jean D\u00e9pret a par la suite enseign\u00e9 l&rsquo;histoire de l&rsquo;art et encadr\u00e9 l&rsquo;atelier de photographie \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;Art d&rsquo;Amiens.<div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-e784d6a elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"e784d6a\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-02da83f\" data-id=\"02da83f\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-cb83f09 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"cb83f09\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"sous-titre\">Alg\u00e9rie<\/div><div id=\"texte-courant\">En 1960, Paul transforme une de ses po\u00e9sies de 1959 \u00abAlg\u00e9rie\u00bb en un <em>Po\u00e8me-Tract<\/em> contre la guerre publi\u00e9 \u00e0 10 000 exemplaires ; inaugurant l\u00e0 une pratique politique de la po\u00e9sie, pratique qu&rsquo;il sera amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9cliner sous diff\u00e9rentes modalit\u00e9s d&rsquo;action par la suite ; Paul ne pouvant concevoir la po\u00e9sie, et par extension l&rsquo;activit\u00e9 artistique, que comme engag\u00e9es au-del\u00e0 m\u00eame du champ politique et d&rsquo;une ambition progressiste, c&rsquo;est-\u00e0-dire doublement investies d&rsquo;une fonction de r\u00e9demption de l&rsquo;Histoire et de lib\u00e9ration des possibles de la beaut\u00e9, lesquels doivent agir concr\u00e8tement dans la transformation \u00e9mancipatrice du corps social.<br \/>Dans Cendre, M\u00e9moire du Feu (supra), Paul raconte \u00e0 propos de la po\u00e9sie : \u00ab&#8230;Un peu plus tard, pour l&rsquo;efficacit\u00e9 (illusoire) j&rsquo;ai pens\u00e9 l&rsquo;extraire du livre, la mettre sur le trottoir, la poser sur les murs, imprim\u00e9e ou manuscrite (l&rsquo;\u00e9criture est, trac\u00e9e de la main, un dessin) en des circonstances o\u00f9 notre destin nous semblait en jeu. Dessein, dessin, destin&#8230;\u00bb<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-8121b57 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"8121b57\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-473e735\" data-id=\"473e735\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-05a3dc6 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"05a3dc6\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"anecdote\"><p>Alg\u00e9rie<\/p><p>l&rsquo;in\u00e9vitable soleil se refuse<br \/>dans un vieux port au pain moisi,<br \/>aux mains calleuses l&rsquo;or des fruits<br \/>que la sueur m\u00e9tamorphose.<\/p><p>alg\u00e9rie,<br \/>sur la m\u00eame \u00e9paule<br \/>tu portes l&rsquo;eau du ciel et le vin des \u00e9pousailles,<br \/>mais dans la ville o\u00f9 les fusils d\u00e9lirent,<br \/>quel pain de farine rougie, sure de sueur,<br \/>rendra sur notre table<br \/>la blanche nappe navigable<br \/>et quel vin<br \/>si des poings germent dans l&rsquo;argile<br \/>et si le raisin dans ce four<br \/>de balles chaudes et de sable<br \/>m\u00eale un sang d&rsquo;homme au vin futur ?<\/p><\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-0c0fae5 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"0c0fae5\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-750cd32\" data-id=\"750cd32\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-17fa171 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"17fa171\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-image\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"789\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_24.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_24.jpg 532w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_24-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, 100vw\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-e742656 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"e742656\" 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o\u00f9 il est \u00e9lu apr\u00e8s une th\u00e8se sur \u00abL&rsquo;Allemagne avant 1914 : soci\u00e9t\u00e9, id\u00e9ologie, langages du refus\u00bb, plus particuli\u00e8rement centr\u00e9e sur l&rsquo;ann\u00e9e 1912 ; th\u00e8se dirig\u00e9e par Robert Minder, un de ses anciens professeurs qui l&rsquo;avait remarqu\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 de Nancy et que Paul avait retrouv\u00e9 ensuite \u00e0 la Sorbonne. <br \/>Fin connaisseur de la litt\u00e9rature antique, en particulier de Virgile, sp\u00e9cialiste de Kafka, de Trakl, de Rilke ou de Werfel, Paul Mayer traduit Brecht et Jean-Clarence Lambert. De fait, il a toujours \u00e9crit et traduit des po\u00e8mes, des articles, des textes pour ses amis artistes, \u00e9crivains, po\u00e8tes et musiciens. Des ann\u00e9es 1950 aux ann\u00e9es 1980, Paul publie dans les revues Rixes, M\u00e9ta, les Lettres Nouvelles, Esprit et Change.<\/p><\/div><div id=\"sous-titre\">l&rsquo;\u0153uvre artistique : peintures et po\u00e9sies-peintures<\/div><div id=\"texte-courant\">Il est difficile de construire une chronologie pr\u00e9cise des productions artistiques de Paul Mayer qui ne datait presque jamais ses \u0153uvres, mais c&rsquo;est bien dans les ann\u00e9es 1969-1970 qu&rsquo;il commence v\u00e9ritablement \u00e0 peindre et qu&rsquo;il produit, \u00e0 partir de 1973-1974, ses premi\u00e8res <em>Po\u00e9sies-Peintures<\/em>, dans lesquelles il associe la peinture expressionniste abstraite &#8211; notamment \u00e0 travers les proc\u00e9d\u00e9s du dripping (projection de peinture en gouttes) et du pouring (d\u00e9versement de peinture liquide directement sur la toile non tendue) initi\u00e9s par Jackson Pollock apr\u00e8s guerre &#8211; \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture po\u00e9tique red\u00e9coup\u00e9e puis ins\u00e9r\u00e9e dans le tableau, ou partiellement recouverte par les taches et les frottis de couleur, selon des compositions qui peuvent s&rsquo;apparenter aux productions de la po\u00e9sie spatialiste, laquelle est d\u00e9finie \u00e0 Amiens \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1963, \u00e0 travers les publications de Pierre et Ilse Garnier, que Paul fr\u00e9quente.<\/div><div>Dans Cendre, M\u00e9moire du feu (supra), il \u00e9crit : \u00ab&#8230;Puis je l&rsquo;ai inscrite [toujours la Po\u00e9sie] dans un espace peint, recherchant des accords. Ensuite, puisqu&rsquo;enfin je peignais (po\u00e9sie et peinture ont le m\u00eame point de vue), la peinture s&rsquo;est parfois affranchie du texte&#8230;\u00bb<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-8785ec5 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"8785ec5\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-12db7aa\" data-id=\"12db7aa\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-449add3 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"449add3\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-image\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"389\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/dp17-1024x759.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/dp17-1024x759.jpg 1024w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/dp17-300x222.jpg 300w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/dp17-768x569.jpg 768w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/dp17.jpg 1079w\" sizes=\"auto, 100vw\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-b95fe22 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"b95fe22\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-ff6e301\" data-id=\"ff6e301\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2d0c4a0 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2d0c4a0\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"sous-titre\">l&rsquo;\u0153uvre publique : l&rsquo;Institut d&rsquo;Art<\/div><div id=\"texte-courant\">Membre de l&rsquo;\u00e9quipe qui contribue \u00e0 la construction du Campus \u00e0 partir de 1965 avec les architectes Jean Le Couteur et Denis Sloan, Paul Mayer cr\u00e9e en 1971 &#8211; dans un d\u00e9nuement quasi h\u00e9ro\u00efque! &#8211; les enseignements artistiques de l&rsquo;Universit\u00e9 de Picardie et fonde l&rsquo;Institut d&rsquo;Art en 1974 (devenu Facult\u00e9 des Arts en 1994), en renon\u00e7ant \u00e0 un poste de Professeur en allemand qui lui \u00e9tait d\u00e9volu (au risque &#8211; effectif &#8211; de ralentir sa carri\u00e8re), pour le transformer en poste de professeur titulaire en arts au profit de Jean Paris, qu&rsquo;il avait connu apr\u00e8s guerre et qui enseignait alors aux \u00c9tats-Unis. En effet, apr\u00e8s une brillante carri\u00e8re de professeur et de critique dans plusieurs universit\u00e9s am\u00e9ricaines, Jean Paris aspirait \u00e0 rentrer en France (il connaissait bien Amiens pour y avoir transport\u00e9 quelques valises pour la R\u00e9sistance durant la guerre&#8230;) et Paul, de son c\u00f4t\u00e9, souhaitait justement le faire venir pour asseoir la qualit\u00e9 des enseignements artistiques dont il avait la charge. Ce fut le d\u00e9but d&rsquo;une grande complicit\u00e9 et d&rsquo;une tr\u00e8s belle aventure : Paul voulait un lieu o\u00f9 l&rsquo;on enseign\u00e2t aussi bien la th\u00e9orie de l&rsquo;art (l&rsquo;histoire de l&rsquo;art et l&rsquo;art contemporain, la s\u00e9miologie et l&rsquo;esth\u00e9tique) que la pratique artistique (dessin, peinture, photographie, c\u00e9ramique entre autres), ce qui \u00e9tait une configuration plut\u00f4t inhabituelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Il installe l&rsquo;Institut d&rsquo;Art au Logis du Roy en centre-ville et le dirige jusqu&rsquo;\u00e0 sa retraite en 1988, ann\u00e9e o\u00f9 il le confie \u00e0 Jean Paris. Plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;\u00e9tudiants ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;Art et tous en ont conserv\u00e9 le souvenir d&rsquo;une p\u00e9dagogie ouverte, d&rsquo;un lieu d&rsquo;acquisition de savoirs r\u00e9investis par les sciences humaines les plus avant-gardistes, d&rsquo;une atmosph\u00e8re d&rsquo;exp\u00e9rimentation tr\u00e8s stimulante. En cela le projet de Paul exc\u00e9dait l&rsquo;institution universitaire ; il s&rsquo;inscrivait dans la m\u00eame exigence po\u00e9tique qui animait alors toute son \u0153uvre artistique comme son action publique, une exigence d&rsquo;\u00e9mancipation cr\u00e9atrice comme possibilit\u00e9 de transformation, ou du moins, d&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;action politique.<\/div><div id=\"sous-titre\">l&rsquo;\u0153uvre publique, suite : <br \/>les relations internationales et l&rsquo;Association culturelle de l&rsquo;Universit\u00e9 de Picardie<\/div><div id=\"texte-courant\">C&rsquo;est dans le m\u00eame esprit qu&rsquo;il noue, ces m\u00eames ann\u00e9es, les premi\u00e8res relations internationales universitaires avec Darlington, Dortmund et Katowice, en tant que co-fondateur du Centre de Liaisons et d&rsquo;\u00c9changes Internationaux. Infatigable h\u00e9raut de la po\u00e9sie agissante, travaillant sans cesse l&rsquo;administration au corps, il cr\u00e9e en 1973 l&rsquo;Association Culturelle de l&rsquo;Universit\u00e9 de Picardie (aujourd&rsquo;hui Service des Affaires Culturelles) par l&rsquo;interm\u00e9diaire de laquelle il organise des colloques, des repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales, des concerts et de nombreuses expositions, instaurant ainsi une offre culturelle de qualit\u00e9 et un lien social qui manquaient \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Picardie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Ce fut l\u00e0 aussi une incontestable r\u00e9ussite dans l&rsquo;\u0153uvre publique de Paul Mayer, soutenu, dans cette entreprise, par Bernard Galtier qui lui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence de l&rsquo;association.<\/div><div id=\"sous-titre\">l&rsquo;\u0153uvre artistique : le feu<\/div><div id=\"texte-courant\">Alors qu&rsquo;en 1977 la Maison de la Culture d&rsquo;Amiens accueille une premi\u00e8re fois ses <em>Po\u00e9sies-Peintures<\/em> dans l&rsquo;exposition \u00abLe Vu des Mots. Peinture-Po\u00e9sie\u00bb, apparaissent dans les ann\u00e9es 1970 les <em>Po\u00e9sies-Peintures br\u00fbl\u00e9es<\/em>, les <em>Compositions Peinture et<\/em> <em>Braise<\/em>, pratiques attentatoires qu&rsquo;il perp\u00e9tue dans les ann\u00e9es 1980 avec les <em>Cin\u00e9rations double face<\/em> et les <em>Urnes Cin\u00e9raires<\/em>, ou encore avec <em>La colonne ajour\u00e9e, briques br\u00fbl\u00e9es<\/em>, \u00e9rig\u00e9e dans son propre jardin. Cette po\u00e9tique du feu recouvre des r\u00e9miniscences complexes et stratifi\u00e9es : souvenirs du front de Prusse-Orientale r\u00e9activ\u00e9s par la Guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, les bombardement au napalm de la Guerre du Vietnam, puis par les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila (1982) et la guerre civile \u00e0 nouveau en Alg\u00e9rie (1988-2002) ; plus anciennement peut-\u00eatre, avec les <em>Urnes Cin\u00e9raires<\/em>, un retour aux volumina de la litt\u00e9rature antique, textes morts-n\u00e9s mis au feu d&rsquo;une guerre en mod\u00e8le r\u00e9duit, po\u00e9sie mise sous sarcophage de verre comme pour \u00e9touffer, et par l\u00e0-m\u00eame, conjurer le feu? Mais sans doute aussi lointains \u00e9chos des souffrances d&rsquo;Icare, figure de l&rsquo;insurrection po\u00e9tique pr\u00e9cipit\u00e9e par le feu du Soleil, ou de celles de Prom\u00e9th\u00e9e, h\u00e9ros moderne voleur du feu divin, comme de Lucifer son pendant jud\u00e9o-chr\u00e9tien, figures auxquelles Paul a pu s&rsquo;identifier, tout comme Orph\u00e9e qui est revenu des Enfers ; radicalisation enfin de la po\u00e9sie lettriste comme mise en pi\u00e8ces, en cendres, du langage, consomption de l&rsquo;\u00e9criture et avec elle de la m\u00e9moire par le feu destructeur ou, \u00e0 rebours, r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la po\u00e9sie par un feu cosmogonique, un \u00abfeu artiste\u00bb h\u00e9raclit\u00e9en. <br \/>\u00abPlus r\u00e9cemment &#8211; \u00e9crit Paul dans Cendre, M\u00e9moire du Feu &#8211; j&rsquo;ai eu recours au feu &#8211; lumi\u00e8re ou suicide (\u00abvictorieusement fui\u00bb) &#8211; comme au visible de la communication interne, et \u00e0 la cendre sa m\u00e9moire.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-7a94a07 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"7a94a07\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-5a5d98f\" data-id=\"5a5d98f\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-f710fe5 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"f710fe5\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-image\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"789\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_27.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_27.jpg 532w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/UC_27-200x300.jpg 200w\" sizes=\"auto, 100vw\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-2e3d7a5 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"2e3d7a5\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-7aff8ff\" data-id=\"7aff8ff\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-b24eb02 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"b24eb02\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"texte-courant\">Mon id\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;origine, \u00e9tait, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui nous pressaient d&rsquo;agir, de sortir la po\u00e9sie du livre, de verser son feu par les fen\u00eatres, le feu de la vie contre le feu de la mort (l&rsquo;un et l&rsquo;autre confondus dans la naissance du feu de Lucifer, Prom\u00e9th\u00e9e nouveau, esprit et souffrance, tel que je l&rsquo;avais con\u00e7u en un po\u00e8me. De mettre enfin la po\u00e9sie, qu&rsquo;elle soit \u00e9crite ou peinte, \u00e0 la rue [&#8230;]. <br \/>Paul ajoute : \u00ab&#8230; La vie court de la politique \u00e0 l&rsquo;histoire, du feu \u00e0 la cendre (comme au sel de la statue), du fil impr\u00e9visible de l&rsquo;\u00e9criture au sillage de la figure et du po\u00e8me [&#8230;]\u00bb <br \/>Et au bilan, tant il est vrai que cette postface fait d\u00e9j\u00e0 le bilan de toute une trajectoire artistique, Paul confesse une ambition quasi cosmologique de son travail : \u00ab&#8230; J&rsquo;ai recueilli ce feu dans des urnes, assembl\u00e9 en surface des \u00eeles aux bords consum\u00e9s, suspendu ces continents br\u00fbl\u00e9s dans l&rsquo;espace, comme est suspendue la terre, dans la nuit, entre plusieurs soleils\u00bb.<\/div><div id=\"anecdote\"><p>Viet-nam<\/p><p>frott\u00e9es d&rsquo;\u00e9pines et d&rsquo;amandes,<br \/>sur la langue un noyau, les ouvri\u00e8res de l&rsquo;aube, <br \/>la neige restant chaude au lit de leur naissance,<br \/>longent le mur de leur nuit,<br \/>leur blessure d&rsquo;amour a l&rsquo;odeur de la mort.<\/p><p>et si, loin de l&#8217;embrasure o\u00f9 tremblent les feuilles,<br \/>l&rsquo;eau tranche un col plong\u00e9 de cygne,<br \/>go\u00fbte au sabre, au soleil du cou<br \/>d&rsquo;hommes jet\u00e9s dans le visage,<br \/>la faucille, leur blessure en plein four,<br \/>souffle la nuit sur l&rsquo;eau.<br \/>or la lessive des morts s&rsquo;use au vent du jour<br \/>sous un soleil aux mani\u00e8res de femme n\u00e9gative :<br \/>dans la glace \u00e9blouie sa lumi\u00e8re a les seins noirs.<\/p><p>on napalme la jarre au miroir de lait,<br \/>le sang dans la chambre, la rizi\u00e8re,<br \/>le couteau dans l&rsquo;eau douce, la mort am\u00e8re, <br \/>et maint corbeau s&rsquo;aiguise aux cornes rouges, <br \/>alors qu&rsquo;au bruit des roues se rompt le lit des eaux.<\/p><\/div><div id=\"sous-titre\">l&rsquo;\u0153uvre publique, encore : <br \/>les cours publics \u00e0 la Maison de la Culture<\/div><div id=\"texte-courant\">Durant ces m\u00eames ann\u00e9es, la Maison de la Culture d&rsquo;Amiens, inaugur\u00e9e en 1966 par Andr\u00e9 Malraux, le compte parmi les membres de son conseil d&rsquo;administration et lui doit, \u00e0 partir de 1981, les exceptionnels cours publics o\u00f9 Jacqueline L\u00e9vi-Valensi, Jean Paris, Paul Oudart parmi tant d&rsquo;autres, interviennent, diffusant l&rsquo;enseignement universitaire au-del\u00e0 des murs et m\u00ealant le public de la ville \u00e0 celui du campus. Une autre mani\u00e8re pour lui d&rsquo;exc\u00e9der l&rsquo;Universit\u00e9, avec la complicit\u00e9 de professeurs enthousiastes et novateurs.<\/div><div id=\"sous-titre\">Traits dans l&rsquo;espace \/ Cendre, M\u00e9moire du feu<\/div><div id=\"texte-courant\">C&rsquo;est sur le campus cette fois-ci, sous les baies vitr\u00e9es de la biblioth\u00e8que et \u00e0 proximit\u00e9 de la Pr\u00e9sidence de l&rsquo;Universit\u00e9, qui abrite aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Espace Paul Mayer, lieu ouvert d\u00e9volu aux expositions, qu&rsquo;il \u00e9rige en 1984 sa sculpture monumentale \u00abTraits dans l&rsquo;espace\u00bb, compos\u00e9e de m\u00e2ts d&rsquo;acier peints de nuances de gris, de blanc et de noir, des traits souples qui ondulent l\u00e9g\u00e8rement au vent, dans une volont\u00e9 sans doute d&rsquo;ouvrir un peu plus l&rsquo;Universit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;art contemporain et \u00e0 l&rsquo;inscription de ses pratiques dans les champs crois\u00e9s de la vie sociale et de la joie sensorielle. <br \/>Un an plus tard, en 1985, les <em>Po\u00e9sies-Peintures, les Po\u00e9sies-Peintures br\u00fbl\u00e9es<\/em>, les <em>Cin\u00e9rations double face <\/em>et les <em>Urnes Cin\u00e9raires<\/em> font l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition r\u00e9trospective \u00e0 la Maison de la Culture d&rsquo;Amiens, sous le titre \u00abCendre, m\u00e9moire du feu\u00bb que Paul reprend pour un nouveau recueil de po\u00e9sie, cit\u00e9 plus haut, qui fait office en m\u00eame temps de catalogue de l&rsquo;exposition.<\/div><div id=\"sous-titre\">le po\u00e8te, inlassable<br \/>(Na\u00eetre \u00e0 la Vue \/ Quatorze po\u00e8mes de Paul Mayer)<\/div><div id=\"texte-courant\">M\u00eame si le feu reste chez Paul Mayer un m\u00e9dium pr\u00e9pond\u00e9rant dans les ann\u00e9es 1980, sa peinture est davantage orient\u00e9e vers une \u00e9conomie de moyens, travaill\u00e9e avec des rouleaux de mousse qui laissent des traces parall\u00e8les le plus souvent horizontales sur le support (le recouvrement translucide comme langage pictural du traumatisme de la neige ?), parfois hant\u00e9es d&rsquo;ombres r\u00e9manentes (les cadavres exhum\u00e9s de la guerre ?), comme au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. <br \/>Il cesse progressivement la peinture dans les ann\u00e9es 1990. Mais il continue \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 traduire et, en d\u00e9pit parfois de quelques adversit\u00e9s ou d\u00e9ceptions, il s&rsquo;occupe toujours de l&rsquo;action culturelle, avec quelques amis fid\u00e8les, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Picardie.<br \/>En 1990, il retrouve Albert Bitran et, deux ans plus tard, ils publient ensemble \u00abNa\u00eetre \u00e0 la vue\u00bb avec des po\u00e8mes de Paul enlumin\u00e9s par Albert Bitran \u00e0 l&rsquo;eau-forte et \u00e0 l&rsquo;aquatinte.<br \/>Parmi ses derni\u00e8res \u0153uvres figurent les \u00abQuatorze po\u00e8mes\u00bb manuscrits de 1993, couch\u00e9s d&rsquo;une belle \u00e9criture sur des cahiers de dessin d&rsquo;\u00e9colier. Paul pratiquait souvent cette \u00e9criture manuscrite pleine d&rsquo;\u00e9nergie, tour \u00e0 tour contractile et ductile \u2013 cette \u00e9criture qui est \u00abtrac\u00e9e de la main, un dessin\u00bb, notait-il (supra), un peu comme un \u00e9cho \u00e0 la citation de Paul Klee \u00ab\u00e9crire et dessiner sont identiques en leur fond\u00bb &#8211; une \u00e9criture trac\u00e9e qu&rsquo;on retrouve souvent dans ses textes et ses peintures, une \u00e9criture directe, brute, sans filet ni tricherie, une forme prolong\u00e9e de l&rsquo;\u00e9criture automatique des surr\u00e9alistes sans doute, mais aussi, dans ses <em>Po\u00e9sies<\/em>&#8211;<em>Peintures<\/em>, un \u00e9cho aux ambitions des expressionnistes abstraits am\u00e9ricains qui ont r\u00e9ussi, \u00e0 travers l&rsquo;action painting, cette synth\u00e8se entre l&rsquo;\u00e9criture automatique et la peinture abstraite, conjonction \u00e0 laquelle Paul ne pouvait qu&rsquo;adh\u00e9rer.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-5110c1a elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"5110c1a\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-99275a1\" data-id=\"99275a1\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-94ed49d elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"94ed49d\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div id=\"titre\">\u00e9pilogue<\/div><div id=\"texte-courant\">Paul Mayer, au terme du miracle plusieurs fois accompli de son existence, du miracle m\u00eame de sa survie dans l&rsquo;Histoire du vingti\u00e8me si\u00e8cle, a \u0153uvr\u00e9 dans la po\u00e9sie et dans l&rsquo;action publique jusqu&rsquo;au bout, jusque pratiquement ses derniers jours \u00abavant l&rsquo;extinction des feux\u00bb, comme il l&rsquo;\u00e9crivit dans une de ses derni\u00e8res lettres, quelques mois avant sa mort, le 30 juin 1998.<\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-2a881b0 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"2a881b0\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-779c2f3\" data-id=\"779c2f3\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-cf1d0b7 elementor-widget elementor-widget-image\" data-id=\"cf1d0b7\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"image.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-image\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"525\" height=\"303\" src=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tm05-1024x591.jpg\" class=\"attachment-large size-large\" alt=\"\" srcset=\"http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tm05-1024x591.jpg 1024w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tm05-300x173.jpg 300w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tm05-768x443.jpg 768w, http:\/\/www.paulmayer.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/06\/tm05.jpg 1387w\" sizes=\"auto, 100vw\" \/>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paul Mayer, Forbach, le 5 f\u00e9vrier 1922 &#8211; Amiens, le 30 juin 1998 po\u00e8te, peintre, plasticien universitaire germaniste, traducteur Les ann\u00e9es de formation Paul Mayer na\u00eet \u00e0 Forbach en Moselle le 5 f\u00e9vrier 1922, d&rsquo; un p\u00e8re p\u00e2tissier Louis Mayer, peu pr\u00e9sent, et d&rsquo;une m\u00e8re au foyer, Marguerite Lentz, une femme au temp\u00e9rament effac\u00e9. 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