{"id":461,"date":"2018-06-29T10:39:25","date_gmt":"2018-06-29T08:39:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.paulmayer.fr\/?page_id=461"},"modified":"2018-06-29T10:42:13","modified_gmt":"2018-06-29T08:42:13","slug":"des-automnes-pour-paul-mayer","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.paulmayer.fr\/index.php\/des-automnes-pour-paul-mayer\/","title":{"rendered":"des automnes <br\/>pour Paul Mayer"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"461\" class=\"elementor elementor-461 elementor-bc-flex-widget\" data-elementor-settings=\"[]\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-inner\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-section-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-dfe25e1 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"dfe25e1\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-073a8ee\" data-id=\"073a8ee\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-2ed92a2 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"2ed92a2\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\"><div class=\"leg\">\u00c9douard Glissant \u00abDes automnes, pour Paul Mayer\u00bb publi\u00e9 dans le catalogue de l&rsquo;exposition \u00ab\u00a0Images et Hommages \u00e0 Paul Mayer\u00a0\u00bb, Universit\u00e9 de Picardie Jules Verne, 2008.<br \/>Po\u00e8te martiniquais, \u00e9crivain, essayiste, philosophe, \u00c9douard Glissant a \u00e9labor\u00e9 les concepts d&rsquo;antillanit\u00e9 et de cr\u00e9olisation. \u00c9tudiant \u00e0 Paris d\u00e8s 1946, il rencontre Paul Mayer et rejoint le groupe de po\u00e8tes et d&rsquo;\u00e9crivains engag\u00e9s, apr\u00e8s-guerre, dans une volont\u00e9 de renouvellement de la po\u00e9sie, qui rassemblait, entre autres, Jean Paris, Jean Laude, Maurice Roche, Henri Pichette, Yves Bonnefoy, Jacques Charpier, Kateb Yacine, Roger Giroux et bien s\u00fbr Paul Mayer.<br \/><br \/><\/div><div id=\"texte-courant\"><p>Bien plus que l&rsquo;hiver, l&rsquo;automne flamboie : mieux que l&rsquo;\u00e9t\u00e9, il irradie de couleurs. Pour moi qui fus l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de la Saison unique, j&rsquo;ai rapproch\u00e9 les ferveurs de cet automne, ou du moins ce que j&rsquo;ai cru en avoir surpris, des tranquilles silences et des patientes accordailles de mots que Paul Mayer tramait en secret.<br \/>Tout \u00e0 fait artisan de la page, et ajusteur, il \u00e9tait le travailleur baroque, et on s&rsquo;\u00e9tonnait comme il pouvait enjoindre l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, avec un \u00e9quilibre toujours menac\u00e9 mais jamais rompu, les graphies de langage ou les versets de couleurs qu&rsquo;il semblait avoir d\u00e9sincrust\u00e9s d&rsquo;un massif lointain de lui seul connu. Cette mani\u00e8re pour toujours tremblante ne quittait pas les concr\u00e8tes m\u00e9lancolies ni les t\u00eatus vagabondages de sa prosodie : dans son art, Paul Mayer \u00e9tait seul. \u00c0 ce point qu&rsquo;on en arrivait, les plus proches de ses amis, ceux qui admiraient le plus ces combinaisons de mots heurt\u00e9s d&rsquo;o\u00f9 soupirait une sourde douceur, \u00e0 ne le voir bient\u00f4t que comme ce voyageur discret qui arrivait pour quelques heures et puis s&rsquo;en allait apr\u00e8s avoir murmur\u00e9 qu&rsquo;il ne savait pas quand il reviendrait. Puis nous apprenions qu&rsquo;il arrangeait aussi des tableaux en marge : ces versets de cou-leurs. Mais pour nous, c&rsquo;\u00e9tait tout comme, il y avait une magie qui nous faisait consid\u00e9rer le talent de Paul Mayer comme allant de soi, nous le donnions pour un des meilleurs et n&rsquo;avions pas id\u00e9e de le lui dire, mais \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 il le savait bien. C&rsquo;\u00e9tait comme un pacte entre nous. J&rsquo;ai appris cela de l&rsquo;automne, il invite \u00e0 la pro-menade, mais peut-\u00eatre pas \u00e0 la confidence. Je le vois ainsi. Or il est arriv\u00e9 que quand j&rsquo;ai voulu faire entrer la galerie du Dragon dans la liste de mes Fastes, le recueil parut en 1991, c&rsquo;est Paul Mayer qui emplit \u00e0 lui seul, et sans que pas un le sache, m\u00eame pas lui, la totalit\u00e9 de cette \u00e9vocation d&rsquo;un de nos lieux communs.<\/p><p>DRAGON<\/p><p>De loin de si loin du plus secret depuis l&rsquo;an neuf<br \/>\u00c9ph\u00e9m\u00e8re, votif, et qui scille aux habillements<br \/>Qui songe, \u00e9cl\u00f4t, s&rsquo;enroule aux rets des lourds tableaux<br \/>Et me joue en repons un songe n\u00e9 d&rsquo;Amiens<\/p><p>\u00c9douard Glissant<\/p><\/div><\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9douard Glissant \u00abDes automnes, pour Paul Mayer\u00bb publi\u00e9 dans le catalogue de l&rsquo;exposition \u00ab\u00a0Images et Hommages \u00e0 Paul Mayer\u00a0\u00bb, Universit\u00e9 de Picardie Jules Verne, 2008. 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